I n f o r m a t i q u e p o u r l e s h a n d i c a p é s (Juin 93)
TABLE DES MATIERES 
Dans le cadre des dispositifs de commande " à la tête
", et avant de présenter deux systèmes il peut être
interessant d'évoquer un cas exemplaire d'intégration
professionnelle d'un handicapé, grâce à une technique
encore plus rudimentaire que la licorne.
Le service de comptabilité du Texas Medical Center de
Houston est dirigé par une jeune femme tétraplégique[*],
blessée il y a dix ans dans un accident de trempoline,
autonome sur le plan respiratoire grâce à deux pacemakers
diaphragmiques. Elle travaille sur ordinateur et bénéficie
d'une secrétaire pour l'aider. Elle utilise son clavier et
son téléphone à l'aide d'une simple tige buccale...
Une équipe américaine de chercheurs (Virginie) a mis
au point un système de communication de haute technologie.
Une caméra montée d'une cellule à infra-rouge suit le
regard de la personne. Le rayon est réfléchi par la rétine
de l'utilisateur et se dirige vers un écran tactile. Ainsi,
simplement à l'aide de son regard, l'handicapé peut
utiliser un traitement de texte. Pour effectuer une
sélection, il suffit de fixer le regard sur son choix un
temps fixé.
Ce système, unique en Europe, est utilisé par une
personne tétraplégique privée de toute autonomie verbale et
gestuelle. Il est tout à fait fonctionnel, modulable,
évolutif, et d'une très grande précision. Le coût de cet
appareil s'élève tout de même à plus de 25 000 $...
Un peu dans le même ordre d'idée, Richard Kaczmarek,
ingénieur CNAM (!) travaillant au laboratoire d'automatique
industrielle de l'université de Valenciennes, a développé
un système de communication qui n'utilise aussi que la vue,
et qui lui a valu d'être le lauréat du prix Perce-neige
1992 (prix récompensant chaque année un travail original et
innovant en faveur de personnes accidentées ou
handicapées).
Le principe de son prototype repose sur une paire de
lunettes de ski équipée d'électrodes
électro-oculographiques, qui permettent d'enregistrer les
variations des potentiels cornéo-rétiniens produits par les
mouvements oculaires. Après traitement numérique (basé sur
le principe du calcul vectoriel), les informations sont
transmises à une unité centrale de type PC, Macintosh ou
autre. L'utilisateur peut "cliquer" du regard comme avec
une souris pour agir sur le texte affiché à l'écran.
Grâce au prix qu'il a reçu, RIchard Kaczmarek va
pouvoir développer son système et passer à la phase de
préindustrialisation en réalisant une vingtaine de
prototypes. Ceux-ci seront placés en tests réels auprès de
fondations et d'établissements spécialisés.
Richard Kaczmarek pense que le marché des systèmes à
commande oculaire est potentiellement important.